- Lili Elliott -
- Lili ! Lili !Ça c'était Dany, mon petit frère.
Une véritable petite terreur qui ne me laissera jamais me réveiller paisiblement le matin. Dany et moi étions réellement proches, nous partagions la même vision des choses, le même amour pour les livres et avions la même passion : La musique. De temps à autre, je m'assoyai avec lui sur le canapé et nous jouions de la guitare. C'était surtout les jours de pluie ou quand nous n'allions pas bien... J'étais toujours là pour lui, c'était mon petit ange. Mais à vrai dire... Il avait des airs de démons...
Il entra dans ma chambre et se catapulta sur mon lit heurtant mon dos au passage. Dany avait 10 ans, l'âge où la maison est un champ de bataille, les vases coûteux ou la famille des cibles, les passoires des casques, les petits bouts de bois des missiles et les chaussures à talon de maman des bazookas.
- AIE !!
- Oups désolé !
Il n'avait pas l'air si « désolé » que ça avec son sourire malicieux.
- Dany ! Sors !
- Il y a quelqu'un au téléphone pour toi Lili !
- C'est qui ?
- J'en sais rien, c'est maman qui m'envoi !
- Dis lui de dire de rappeler plus tard !
- D'accord !
Sur ce il quitta ma chambre bien déterminé à saccagé la maison. Alors que j'étais sur le point de retrouver mon sommeil, mon portable sonna.
- Putain de merde !
Je m'emparai du mobile et décrocha plus énervée que quand Dany avait fait irruption.
- ALLO ?!
- Lili ?
La personne paraissait gênée.
- J'espère que c'est important sinon je vous tue !
- C'est Arthur !
- Qu'est-ce qu'il y a ? avais-je demandé nullement impréssionée.
- J'ai besoin de te voir ! Rendez-vous au Scossa ?
- Arthur on est Samedi ! Je ne travaille pas !
- Oui je sais, je sais mais j'ai une bonne nouvelle !
- Viens me chercher alors.
- A tout de suite !
Je raccrochai. Arthur Collaud c'était mon patron : Je travaillais comme animatrice - le week-end et/ou le soir- sur radio Come Back. Un réseau qui prenait peu à peu de l'ampleur en Europe. Au début j'avais été embauché pour remplacer une certaine Hélène Gross pendant quelques jours. Mais les quelques jours sétaient transformés en semaines... Et puis voilà trois mois que j'avais décroché un contrat stable. Je me plaisais bien là dedans, les gens étaient sympathiques et il y avait toujours une bonne ambiance. J'avais le droit de créer mes propres rubriques et je parlais librement. J'étais plus tôt bien payé pour ce que je faisais. Je parlais de nouveauté au cinéma, je discutais avec des médecins sur les MST, je conseillais des jeunes de ma tranche d'âge sur leur relation amoureuse, je faisais découvrir des titres musicaux, j'ouvrais des débats sur des sujets sensibles avec mon coéquipier, Alexandre Amuzoni. Plus rien n'était taboo.
Entre tout ça le plus excitant c'était d'aller à des concerts puis faire un review aux auditeurs, je ne suis jamais allé en backstage encore. Arthur me répète que « ça arrivera » et que « chaque chose à son temps ». Foutaise ! J'étais jeune et je voulais vivre à 100 à l'heure sans me préoccuper si mon c½ur lâcherait avant l'heure. C'était la première fois -et moi c'était mon premier job- qu'Arthur embauchait quelqu'un de moins de 20ans, il n'était pas vraiment habitué et nous étions souvent en désaccord... C'était souvent moi qui avait le dernier mot il lâchait prise en disant qu'il ne comprenait rien à la génération 2008. Ma mère a toujours eut peur que ça interfère avec mes cours au lycée mais jusque là... Tout allait bien. J'arrivais à jongler, mes heures étaient flexibles.
Je vivais avec Jane -ma mère- et Dany dans un appartement parisien. Des consonances anglaises vous dites ? Eh bien oui, nous sommes tous nés à Londres et y avons vécu longtemps avant de venir s'expatrier ici. Tout ça fait que nous avons un arrière goût de Lipton Tea quand nous parlons la langue de Molière. Mon accent plait à Arthur, moi je le déteste ! Je suis étudiante en littérature section terminale, plus tard je compte être journaliste... Ou plutôt « j'aurai bien aimé »... C'était le métier de mon père : Arnold Cummings.
Plus tard Arthur et moi-même étions installés à la terrasse du Scossa. Il avait garé sa voiture juste en face, cet Audi était son véritable bébé.
- Tu as remarqué que je l'ai emmené au spa ?
Là il parlait de son Audi et le spa c'était le garagiste. Arthur personnifiait souvent les objets.
- Non d'ailleurs je m'en fou un peu. Dis moi plutôt c'est quoi la bonne nouvelle !
Je pris une gorgée de mon café brûlant et le regarda droit dans les yeux. Il souri, il le fait toujours quand je le persécute avec un regard et s'approcha de moi.
- Lili Elliott j'ai quelque chose à t'annoncer !
- Eh bien dis !
Je commençais sérieusement à m'impatienter, le suspense et moi ça fait bien trois.
- Tu sais tu voulais aller en back stage et faire toutes ces conneries ?
Je me sentais sourire, je me retenais déjà de hurler de bonheur, il reprit après quelques micro secondes de silence :
- Dis toi que tu vas carrément interviewer un chanteur !
- Tu déconnes ?
Il voyait bien que j'étais toute excitée, si j'avais pu retracer les lignes de mon sourire, il m'arriverait jusqu'aux oreilles. Les battements de mon c½ur s'accéléraient.
- Non pas du tout ! m'avait-il dit en arborant un sourire tout aussi joyeux que le mien. C'est le chanteur du groupe Tokio Hotel.
?!